Quand le soleil lave sa tête blonde - Joachim du Bellay

Quand le soleil lave sa tête blonde - Joachim du Bellay








Quand le Soleil lave sa tête blonde
En l'Océan, l'humide et noire nuit
Un coi sommeil, un doux repos sans bruit
Epand en l'air, sur la terre et sous l'onde.

Mais ce repos, qui soulage le monde
De ses travaux, est ce qui plus me nuit,
Et d'astres lors si grand nombre ne luit,
Que j'ai d'ennuis et d'angoisse profonde.

Puis quand le ciel de rougeur se colore,
Ce que je puis de plaisir concevoir
Semble renaître avec la belle aurore.

Mais qui me fait tant de biens recevoir ?
Le doux espoir que j'ai de bientôt voir
L'autre Soleil, qui la terre décore

pix

# Posté le jeudi 02 mars 2006 08:51

Modifié le mercredi 04 juin 2008 08:12

hymne au soleil

hymne au soleil

Roi du monde et du jour, guerrier aux cheveux d'or,
Quelle main, te couvrant d'une armure enflammée, Abandonna l'espace à ton rapide essor, Et traça dans l'azur ta route accoutumée ? Nul astre à tes côtés ne lève un front rival ; Les filles de la nuit à ton éclat pâlissent ; La lune devant toi fuit d'un pas inégal, Et ses rayons douteux dans les flots s'engloutissent. Sous les coups réunis de l'âge et des autans Tombe du haut sapin la tête échevelée ; Le mont même, le mont, assailli par le temps, Du poids de ses débris écrase la vallée ; Mais les siècles jaloux épargnent ta beauté :Un printemps éternel embellit ta jeunesse, Tu t'empares des cieux en monarque indompté, Et les voeux de l'amour t'accompagnent sans cesse. Quand la tempête éclate et rugit dans les airs, Quand les vents font rouler, au milieu des éclairs, Le char retentissant qui porte le tonnerre, Tu parais, tu souris, et consoles la terre. Hélas ! depuis longtemps tes rayons glorieux Ne viennent plus frapper ma débile paupière ! Je ne te verrai plus, soit que, dans ta carrière, Tu verses sur la plaine un océan de feux, Soit que, vers l'occident, le cortège des ombresAccompagne tes pas, ou que les vagues sombres T'enferment dans le sein d'une humide prison ! Mais, peut-être, ô soleil, tu n'as qu'une saison ;
Peut-être, succombant sous le fardeau des âges, Un jour tu subiras notre commun destin ;

Tu seras insensible à la voix du matin,
Et tu t'endormiras au milieu des nuages.


pix

# Posté le mercredi 01 mars 2006 10:43

Modifié le mercredi 04 juin 2008 08:11

Premier soleil - Théodore de Banville

Italie, Italie, ô terre où toutes choses
Frissonnent de soleil, hormis tes méchants vins !
Paradis où l'on trouve avec des lauriers-roses
Des sorbets à la neige et des ballets divins !

Terre où le doux langage est rempli de diphthongues !
Voici qu'on pense à toi, car voici venir mai,
Et nous ne verrons plus les redingotes longues
Où tout parfait dandy se tenait enfermé.

Sourire du printemps, je t'offre en holocauste
Les manchons, les albums et le pesant castor.
Hurrah ! gais postillons, que les chaises de poste
Volent, en agitant une poussière d'or ! [...]


pix
Premier soleil - Théodore de Banville

# Posté le mardi 28 février 2006 09:05

Modifié le mercredi 04 juin 2008 08:10

Du soleil radieux la brillante splendeur - Clovis Hesteau de Nuysement

Du soleil radieux la brillante splendeur,
Et de la lune aussi la lumineuse face
Par un nuage épais, épars en l'air, s'efface,
Lorsqu'ils vont tournoyant la céleste rondeur.

L'hiver ravit aux fleurs la couleur et l'odeur,
Et en moins d'une nuit les flétrit et terrasse,
Le fruit trop avancé se passe en peu d'espace,
Et bref tout est fauché par le temps moissonneur.

Télie, vois ces lys, ces oeillets et ces roses
Languir à chef baissé dès qu'elles sont décloses,
Qui t'émeuvent d'avoir de toi-même pitié.
Cueillons donques les fleurs de ta verde jeunesse,
Et folle n'attends pas que la blanche vieillesse
Te prive de sentir les fruits d'une amitié.
Du soleil radieux la brillante splendeur - Clovis Hesteau de Nuysement

# Posté le mercredi 22 février 2006 15:39

Modifié le mercredi 04 juin 2008 08:08

Puisqu'à si beau soleil j'ai mon aile étendue - Siméon-Guillaume de la Roque

Puisqu'à si beau soleil j'ai mon aile étendue - Siméon-Guillaume de la Roque
Puisqu'à si beau Soleil j'ai mon aile étendue,
Plus mon désir me pousse et m'élève là-haut,
Plus je perds mon séjour, plus mon désir est chaud,
Je méprise la terre et surmonte la nue.

Je ne crains le malheur ni la perte connue
Du jeune audacieux, ni son funèbre saut ;
Bien que je tombe ainsi, chétif, il ne m'en chaut :
La mort pour tel dessein n'épouvante ma vue.

Mon coeur s'écrie alors, étonné du danger :
" Malheureux, où vas-tu si prompt et si léger ?
Toujours un repentir suit pareille entreprise. "

Non, ne crains point, mon coeur, aide-moi seulement.
Celui meurt au berceau qui son bonheur méprise,
Et qui meurt comme nous vit éternellement.


pix
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mercredi 22 février 2006 15:37

Modifié le mercredi 04 juin 2008 08:04